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 En ce début du mois de décembre 2014, je peux aborder cet éditorial du n° 127 par les mêmes termes que celui du n° 126. C'est particulièrement  navrant.

"La tension explosive  régnant en Ukraine ainsi que  les conflits en Syrie et en Irak  sont devenus  la préoccupation majeure de toutes les organisations internationales œuvrant pour la paix dans le monde." La fin d'année qui approche ne verra très probablement pas  la résolution de ces conflits qui outre le nombre de victimes civiles toujours grandissant pourrissent les relations internationales .

Toutefois outre les conflits sanglants, l'année 2014 a été marquée par le congrès d'Astana au Kazakhstan . Ce XXI ème congrès international de l'IPPNW a été particulièrement innovant. Autant dans l'adoption d'une nouvelle approche pour le désarmement   nucléaire totale que sur l'importance accordée à l'impact humanitaire qu'engendrerait un conflit nucléaire même de petite importance.

Notre numéro reproduit la déclaration d'Astana  rédigée à l'issue de congres.  La lecture de celle ci montre un réel  tournant de la posture de l'IPPNW. Ce congrès apporte un grand nombre d'études scientifiques dont celles  sur les altérations génétiques dans les zones de contamination chronique.  Notre consœur, le Dr Olivette Mikolajczak a participé à plusieurs ateliers et communications scientifiques .
Elle nous livre l'ambiance et la température de ces réunions particulièrement vivantes  où participaient un  grand nombre de jeunes médecins tres motivés .

 L'AMPGN a également participé à la commémoration d'Hiroshima et de Nagasaki au parc Hibakusha. Plusieurs communications intéressantes mais aussi dérangeantes  sont reproduites dans nos colonnes. A cette occasion fut inaugurée la stèle de notre regretté ami Pierre Pierart , un pionnier et une grande personnalité dans la lutte contre la bombe nucléaire  et ses essais.

Le changement de gouvernement n'a malheureusement pas inversé le désir de nos politiciens à remplacer des F16 par des avions capables d'utiliser les nouvelles bombes prévues à Kleine Brogel.
Il existe (encore) une occasion historique à se débarrasser de nos bombes qui nous font perdre notre crédibilité dans le processus de désarment et aussi l'occasion d'économiser 6 milliards qui seraient tellement mieux utilisés  ailleurs. Un responsable militaire, invité par une conférence organisée par la CNAPD en novembre dernier,  estime que si le gouvernement  assume une telle dépense, l'armée  dont le budget a déjà été mainte fois raboté serait réduite à sa seule aviation et perdrait sa raison d'exister.  
Nous relayons les informations des organisations pacifiques et adhérons pleinement à leurs mécontentements.

 Notons également que suite à une déclaration émise par le  Rassemblement Générale des Nations Unies ,  le 26 septembre deviendrait  la Journée internationale pour l'élimination totale des armes nucléaires. Nous pensons que c'est une belle imitative qui devrait faire prendre conscience au citoyen des efforts réalisés et des résultats  obtenus dans la lutte contre le plus grand fléau que l'humanité à a surmonter pour assurer sa survie.

 Beaucoup d'experts estiment que l'humanité jusqu'à présent a eu beaucoup de chance qu'aucun dérapage (important) dans la sécurité des armes nucléaires ne se soit produit. Il est probable que cette chance ne soit pas éternelle car  le risque d'"accident "croit de manière  proportionnel le au degré de prolifération de l'arme nucléaire.

Si la date du  26 septembre a  été choisie, c'est précisément par ce qu' elle est l'anniversaire d'un jour qui a failli être fatal pour l'humanité.
Dans la nuit du25 au  26 septembre 83, un commandant d'une base aérienne soviétique refuse d'obéir aux ordres de riposter à une alerte atomique (d'une fiabilité de 50/50) constituée par la détection de 4 missiles américains pointés vers l'URSS.
En désobéissant, il a empêché la troisième guerre mondiale et la destruction du monde.
Cet héros de l'ombre s 'appelle Stanislas Petrov et son intervention a été  tenue secrète de nombreuses années par le pouvoir en place.
Le 26 septembre dernier, en lui attribuant  le titre de" citoyen du monde", on lui rend son honneur et aussi celui de tous les  militaires qui  au mépris des sanctions réfléchissent avant d'exécuter mécaniquement "les ordres".

 

 

Dr. Philippe de Salle

Président.