Nouvelle page 4

Editorial

Pression de la rue et opinion publique

La prise de conscience par des peuples opprimés que leur destin leur appartient est un moment historique  et nous le  vivons quotidiennement en direct.

La pression de la rue entrainée  par la puissance de sa  motivation est irrésistible.

Espoir de jours meilleurs pour un monde arabe qui mérite une  démocratie sans basculer dans l'anarchie , nous le souhaitons tous.

Espoir également qu'après les censures et les manipulations idéologiques , l'opinion publique retrouve toute sa liberté d'expression et éclaire la mission de ses futurs gouvernants

Leçon  enfin pour tous les habitants de la planète militant pour le maintien de leur environnement  . Qu'il s'agisse du  désarmement nucléaire , de la  lutte contre la misère ou de la protection de la nature, l'adhésion d'un public convaincu,  de plus en plus large, de plus en plus universel est à notre sens non seulement indispensable mais aussi  la seule garantie contre la disparition de l'humanité.

La pression de l'opinion n'est certes pas étrangère aux traités de désarmement  et nous sommes soulagés de voir rentrer   en application ce mois de février, le traité russo-américain de désarmement nucléaire START signé à Prague le 8 avril 2010 par MM. Barack Obama et Dimitri Medvedev.

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a déclaré  à Munich, ce 5 févier  avec son collègue russe .

"Aujourd'hui nous avons échangé les instruments de ratification d'un traité qui diminue les dangers nucléaires pesant sur les peuples russe et américain et sur le monde",

Ce traité qui selon Sergueï Lavrov doit "stabiliser la tension internationale" relance les négociations entre Washington et Moscou , gelées par Georges  W Bush alors à la présidence des EU . Il stipule que chacun des deux pays peut déployer au maximum 1.550 têtes nucléaires, soit une réduction de 30% par rapport à 2002 et autorise  la reprise des vérifications mutuelles des arsenaux nucléaires des deux superpuissances.


Rappelons que dans un discours  qu'on pourrait qualifier d'historique en 2009 , le Président Obama a déclaré s'engager à  rechercher la paix et la sécurité dans un monde sans armes Nucléaires. Une phrase  chargés d'un espoir rapidement tempéré par la patience réclamée  devant la longueur du cheminement du processus qu'il ne pense pas voir aboutir de son vivant. 

 

Si le" redémarrage" du traité SALT constitue  un pas important voir même symbolique  dans l'histoire du désarmement qui a  pourtant démarré depuis plus de cinquante ans, il déçoit la majorité des associations pacifiques  par la modestie de ses ambitions. " C'est bien , mais peux mieux faire " serait t'on tenter de dire au président des Etats Unis. 

Il faut souligner que la  volonté des deux superpuissances à se débarrasser d'un important stock nucléaire est certes louable mais  nullement contraignante pour les autres nations membres du  Club Nucléaire ou désireuse d'y rentrer.  Il ya certes pas de quoi pousser des  hurlements de joie à la suppression d'une partie d'un arsenal excédentaire, obsolète et sans  valeur stratégique mais puisque la porte est à nouveau ouverte , on peut espérer qu'on n'en restera pas là.  La "dé prolifération verticale " actuelle entamée  entre  la Russie et les EU pour être significative devrait être couplée à  une  déprolifération horizontale. La course à l'arme nucléaire de toute nation qui se sent menacée dans sa sécurité ou sa dignité   n'a aucune raison de s'arrêter  tant qu'un geste fort ne soit pas accompli par les puissances nucléaires officiellement reconnues.  

Un  geste énergique  comme  le renoncement pure et simple à l'arme nucléaire et à la dénucléarisation de son territoire est loin d'être une absurdité surtout pour l'Europe qui n'a plus à courir derrière une puissance  perdue au cours des deux guerres mondiales et qui a tout à gagner a retrouver son prestige et sa crédibilité sur la scène internationale

Cet exemple secouerait  l'opinion mondiale et amènerait leur gouvernement à suivre l'exemple.

Comment un médecin  fumeur peut il convaincre ses patients à stopper de fumer s'il ne s'arrête pas lui même?  

L'urgence ne semble pas préoccuper le monde politique.  La stabilité politique mondial n'a jamais été aussi fragile et le risque d'un "dérapage nucléaire" ne peut qu'augmenter avec le temps et le nombre d'états nucléaires. Envisager un monde sans arme nucléaire dans plus de 50 ans si on se réfère à l'espérance de vie d'Obama, c'est gravement sous-estimer les risques d'un dérapage nucléaire qui statiquement est supérieur à 50% dans la courant de la prochaine décennie.

Il y a urgence  à générer une vague populaire qui favorisera l'émergence d'une volonté politique du changement. Il ya urgence à mettre de l'énergie dans la volonté de désarmer.

L'objectif final d'un monde sans armes nucléaires ne sera plus une utopie si l'opinion mondiale en est convaincue .

 

Philippe de Salle

Président  

 

ref: Dimity Hawkins.  Unidir périodique  : Forum du désarmement  2010 n° 4
La société civile et le désarmement nucléaire . Maintenant nous le pouvons : les avancées de la société civile et des gouvernements vers une interdiction des armes