Voici la réponse du Président du Mouvement Réformateur à Abolition 2000 (29 mars) et notre commentaire :  « … Je crois que la Belgique doit continuer à être un partenaire loyal de l'OTAN, organisation qui a fait la preuve de son utilité et de son efficacité depuis plus de cinquante ans. Elle est devenue aujourd'hui un instrument de gestion des crises plus que nécessaire. De même, la dissuasion nucléaire reste un mal nécessaire dans un monde instable dans lequel les risques de prolifération nucléaire sont particulièrement inquiétants…. »   L’arme nucléaire n’est nullement un « mal  nécessaire ». Au contraire, la menace de son emploi nous a mené plusieurs fois au bord de la catastrophe sans compter  les erreurs d’appréciation qui ont risqué, de nombreuses fois, de déclancher une guerre nucléaire par accident. Depuis la fin de la guerre froide, le risque s’aggrave car de plus en plus de pays peu stables ou vulnérables possèdent cet armement ou veulent s’en doter. Les occasions de son emploi se diversifient. Si rien ne change, il ne sera pas possible d’empêcher cette prolifération car ces pays calquent leur raisonnement sur la dissuasion, prétexte des puissances nucléaires officielles. M. Reynders veut ignorer les prises de positions de personnalités éminentes (Mikhaïl Gorbatchev, plusieurs anciens Secrétaires d’État américains dont Henry Kissinger, et les Ministres allemand et norvégien des Affaires étrangères en exercice (traductions de leurs récents articles dans nos n° 96 et 97), qui affirment tous que le danger va continuer à s’étendre, sauf si les grandes puissances commencent elles-mêmes à éliminer cet armement, en commençant par la Russie et les Etats-Unis, qui en ont le plus. C’était aussi l’avis quasi unanime du Sénat et de la Chambre belges (printemps 2006), notamment en ce qui concerne les têtes nucléaires entreposées illégalement sur notre territoire.   Nous ne commenterons pas la récente évolution de l’OTAN. Sa transformation en gendarme universel au service d’une seule superpuissance et l’extension de sa zone d’intervention jusqu’aux confins de la Chine, sans que le principe de ce nouveau rôle ait jamais été publiquement discuté, en font une structure dangereuse, favorisant des situations conflictuelles.   Le parti écolo, qui a compris, lui,  le terrible danger que constituerait une guerre nucléaire, même limitée,  demande à juste titre l’élimination de ces armes, en commençant par celles que la Belgique héberge en violation des traités. Il couple cette exigence avec une condamnation aussi sévère de l’électricité nucléaire, qui pose de tous autres problèmes. Les dangers éventuels sont différents (explosion locale,- de moins en moins probable - et problème des déchets) et tous les pays ont grand intérêt à prendre des mesures pour éviter la première et résoudre l’autre. Ce second objectif, beaucoup plus controversé et moins réaliste, handicape les chances de voir aboutir le premier.    Le CDh prône l’universalisation du Traité de Non prolifération, mais ne précise pas que les principaux contrevenants sont les grandes puissances nucléaires. Il veut agir « en faveur de l’interdiction… des armes nucléaires tactiques, (y compris …miniaturisées) dans les conflits armés ». Cela veut-il dire qu’ils les accepteraient dans d’autres circonstances ? Ce contresens involontaire montre combien ce paragraphe a été traité avec négligence. Mais l’omission des armes nucléaires stratégiques, de plus grande puissance et de portée beaucoup plus longue, est plus grave. Seraient-elles acceptables ?   Le parti socialiste présente un programme copieux de politique étrangère. A part des généralités sur le rôle prépondérant à donner aux Nations Unies, une certaine méfiance vis-à-vis d’initiatives intempestives de l’OTAN et un désir d’une approche politique plus purement européenne, pratiquement aucun des points essentiels à nos yeux ne sont évoqués. L’armement nucléaire n’est pas cité, ni en bien ni en mal, ce qui évite de donner prise aux critiques. Là aussi, les résolutions très largement majoritaires du Parlement n’ont eu aucune influence pour infléchir une position politique floue.