Samedi 6 août 2005 Commémoration du 60ème anniversaire de la tragédie de Hiroshima et Nagasaki

Les armes nucléaires de l'OTAN sont un obstacle aux négociations de désarmement au Mundaneum  rue de Nimy,76 à Mons

Exposés : 

 10 h 00 :    « Apocalypse nucléaire, un risque qui s'accroît » par le Pr. Henri Firket
 
 11 h 00 :    « L'OTAN et l'Union Européenne » par Ben Cramer
 
 11 h 30 :  Débat et visite de l'exposition
 
 12 h 00 :    Lunch à l'Université de Mons-Hainaut  Plaine de  Nimy - Chaussée de Bruxelles
 
14 h 00 :   Dépôt de fleurs au mémorial Hibakusha
 
14 h 30 : « L'Union Européenne face au Traité de Non-Prolifération » par le Pr. Pierre Piérart
 
 15 h 30 :   Débat

 

Journées organisées par l'AMPGN, l'AEPGN, le CEAH,l'Association pour la Paix de Cuesmes, le Mouvement helléniquepour la Paix, La Braise,  Stop USA,la Communauté hellénique de Quaregnon-Mons-Borinage, Abolition 2000, MCP, Voor Moeder Aarde, Forum voor Vrede Actie, Vrede, CSO, Abolition U.A, ULDP
 
 
- Avec le soutien de la Communauté française, la C.N.A.P.D etle Centre information et éducation populaire du M.O.C., en collaboration avec la marche pour la Paix de Ypres à Kleine
Brogel organisée par les associations néerlandophones (Voor Moeder Aarde.)
 

Commémoration du 60ème anniversaire de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki.

 

Cette année le 60ème anniversaire de la tragédie de Hiroshima et de Nagasaki sera célébré au Mundaneum et à l'Université de Mons Hainaut.
Plusieurs associations y seront représentées dont celles des Médecins et des Étudiants pour la prévention de la guerre nucléaire (AMPGN et AEPGN) et du Comité de surveillance OTAN (CSO) en tant qu'organisateurs.
 
Le matin, au Mundaneum, nous aurons l'occasion d'entendre un exposé du Professeur Henri Firket, président de l'AMPGN,  sur l'apocalypse nucléaire, un risque qui s'accroît.  L'orateur constate que la prolifération nucléaire a pris une allure inquiétante aussi bien de la part des États-unis que des pays non détenteurs de cette arme qui estiment que le Traité de Non Prolifération (TNP)
ne leur accorde pas des garanties suffisantes. Depuis ces toutes dernières années les investissements américains ont pris un développement exponentiel pour la création de nouvelles armes
nucléaires (prolifération verticale) alors que plusieurs pays se sont dotés de l'arme nucléaire en infraction avec le TNP(Israël, Inde, Pakistan, Corée du Nord et probablement l'Iran).
L'échec de la dernière Conférence de révision du TNP pourrait amorcer le début d'une apocalypse nucléaire dénoncée par le Prof. Firket.
 
Ben Cramer, journaliste indépendant d'investigation, nous parlera des connexions politiques et militaires entre l'OTAN  et l'Union Européenne, sujet des plus intéressants si l'on songe à la
Constitution européenne qui se tait à propos du parapluie nucléaire de l'Europe.
 
Les participants à cette commémoration auront l'occasion de participer au débat sur ces deux thèmes et de visiter l'exposition sur la tragédie d' Hiroshima et la prolifération nucléaire.
 
 L'après-midi se passera à l'Université de Mons-Hainaut et débutera par une courte cérémonie au parc Hibakusha, dédié aux victimes des bombardements de Hiroshima et Nagasaki et des2.000 essais nucléaires.
 
 
Le Professeur Pierre Piérart nous parlera de l'Union Européenne face au TNP. Dans son allocution il sera question des responsables nationaux et européens qui ne tiennent pas compte de l'hébergement des 480 bombes nucléaires déployées sur le continent dans une dizaine de bases de l'OTAN,en infraction avec les articles I et II du TNP.
 
Au cours du débat il sera fait mention de la campagne de solidarité d'environ 240 communes belges avec le maire d'Hiroshima, campagne amorcée l'année dernière à l'occasion du 59ème anniversaire des bombardements de Hiroshima et Nagasaki.
 
 
Ce colloque s'adresse non seulement aux associations pacifistes mais aussi à tous les citoyens désireux de s'informer sur un sujet trop peu connu du public en général.
Après la capitulation des armées allemandes dans le Nord del’Italie, le 2 mai 1945, plusieurs évènements en relation avec latragédie de Hiroshima et de Nagasaki auront lieu dans la périodedu mois de mai.
 3 mai. Prise de Rangoon en Birmanie. James Byrne acceptede faire partie du comité intérimaire qui doit déterminer lesconditions d’utilisation de la bombe.
  6 mai. Churchill télégraphie à Truman pour fixer une date pour la réunion de Postdam, il insiste pour que les troupes
anglaises et américaines se maintiennent sur les positions occupées (Churchill insiste auprès de Truman pour ne pas
retarder la conférence de Postdam).
   7 mai. Capitulation préliminaire de l’Allemagne, dans la nuit du 6 au 7 mai, signée par le général Jodl en présence des généraux Walter Bedell Smith (US), Ivan Susloparov (URSS), Robb et Strong (Grande-Bretagne) et Sevez (France) à Reims. Libération du roi Léopold III et de sa famille par l’armée du général Patch à Strobl (Autriche). Les forteresses B-29, destinées au bombardement atomique, quittent Wendower dans l’Utah pour l’île  de Tinian dans les Mariannes où elles arrivent le 14 mai.
   8 mai. Véritable capitulation de l’Allemagne, dans la nuit du 8 au 9 mai, signée par le maréchal W. Von Keitel à l’état major du général Joukov près de Berlin à Karlshort  en présence du général américain Spaats, du maréchal britannique Tedler et du général français de Lattre de Tassigny. Capitulation de l’armée allemandeen Norvège. L’Espagne rompt ses relations diplomatiques avec l’Allemagne. Capitulation de la Wehrmacht à Prague.
  10 mai. Répression des collaborateurs à Prague (200.000 civils allemands résidant à Prague). Capitulation des Allemands à Lorient et à Saint-Nazaire. Le sous-marin allemand U-234 partide Kiel avec 560 kg d’oxyde d’uranium à son bord reçoit l’ordre de se rendre. Les 560 kg d’uranium étaient destinés à l’armée japonaise.
  15 mai. L’unité spéciale de bombardement atomique reçoit 10 bombardiers B-29 neufs et allégés. W. Lippman écrit que les États-unis sont en train d’adopter une position nettement anti-soviétique.
   21 mai. Truman confie à Davies qu’il a retardé l’ouverture de la conférence de Potsdam jusqu’en juillet afin de pouvoir se servir de la bombe sur le plan diplomatique. Suicide de Himmler.
   26 mai. Harry Hopkins arrive à Moscou pour préparer la conférence de Potsdam (la conférence de Potsdam ne se tiendra qu’ à partir du 17 juillet jusqu’au 2 août; Truman voulait être certain de disposer de sa bombe atomique lors de cette rencontre.
En effet le nouveau président américain, avec l’aide de Hopkins, non seulement retardera la conférence de Potsdam mais essayera également de neutraliser l’expansion de l’URSS en Extrême
Orient

Juin. Klaus Fuchs fournit une description détaillée de la bombe au plutonium aux Soviétiques. Togo, ministre des Affaires étrangères,interviendra auprès de l’ambassadeur soviétique, J. Malik, pour qu’il facilite les médiations entre le Japon et les États-unis. Cette démarche diplomatique n’aura aucun effet. On le comprend aisément vu que les Soviétiques se sont engagés à déclarer les hostilités contre le Japon trois mois après l’écroulement du 3ème

Reich. On remarquera que la première bombe atomique américaine, qui doit être testée à Alamogordo, n’est pas encoreprête ce qui explique le report de l’essai au 16 juillet, veille de l’ouverture de la Conférence de Potsdam.
 
   5 juin. D. Eisenhower, B. Montgomery et J. De Lattre de Tassigny prennent le pouvoir à Berlin.
   6. juin. Stimson informe le président Truman que le projet Manhattan doit rester secret. Deux semaines plus tard, le comité conseille au président d’annoncer la bombe discrètement à Staline.
   11 juin. Rapport de James Franck sur les dangers d’une course aux armements atomiques.
   18 juin. Réunion des chefs militaires américains. Les pertes estimées, suite à un débarquement au Japon, ne dépasseraient pas 50.000 hommes.
   21 juin. Le comité intérimaire dirigé par Stimson affirme que la bombe doit être utilisée à la toute première occasion, sans avertissement, sur une ville avec une usine d’armement.
   26 juin. Fin de la conférence de San Francisco. 51 nations ratifient la charte des Nations Unies.
   29 juin. Rattachement de la Ruthénie tchécoslovaque à l’Ukraine permettant le passage des troupes soviétiques en
Tchécoslovaquie.
   30 juin. Le comité responsable de l’essai de Trinity (Alamogordo) recule la date de l’essai atomique au 16 juillet 45.
 

Juillet.
Dans les heures qui suivirent la mort de président Franklin Roosevelt, survenu le 12 avril 1945,
 plusieurs responsables politiques approchèrent le nouveau président Harry Truman pourle mettre au courant du projet Manhattan dont il ignorait l’existence. Ce projet avait été lancé en mai 1942 sous la direction de Vannevar Bush, président du Carnegie Institute, et du général Leslie Groves, chef du corps des ingénieurs de l"’armée encoreconnu sous le nom de Manhattan Engineer District. Le programme Manhattan prévoyait, à titre préventif, la fabrication de 3 ou 4 bombes atomiques utilisant la réaction en chaîne de la fission de l’uranium et du plutonium. Cette réaction en chaîne devait libérer des quantités énormes d’énergie dans un temps très bref et sans aucune mesure avec la puissance des explosifs classiques. En principe, il s’agissait de dissuader les Allemands d’une utilisation de la bombe qu’ils auraient fabriquée dans le plus grand secret.
La décision de ne pas informer les Soviétiques du projet Manhattan sera une des causes de la rupture de l’Alliance à la fin de la Seconde Guerre mondiale et de la mise en marche du processus de la guerre froide. On doit s’interroger sur l’évolution des relations diplomatiques d’après-guerre dans l’hypothèse où Roosevelt et Churchill auraient accepté les recommandations du Physicien Niels Bohr (rendre public le programme Manhattan) fortement soutenu par Kapitsa. En prévenant Staline, avant l’essai de la Bombe à Alamogordo, et en l’informant sérieusement à la conférence de Potsdam les Alliés auraient désamorcé ce qui allait devenir une véritable bombe diplomatique. De la conférence de Potsdam nous retiendrons la volonté de plusieurs responsables américains de maintenir le plus grand secret sur les préparatifs de la nouvelle arme (et l’attitude du président Truman qui changea du tout au tout après l’explosion de la 1ère bombe atomique au Nouveau Mexique). En particulier notons que le physicien danois Niels Bohr, insistait sur la nécessité d’informer les Soviétiques sur les recherches menées dans le cadre du projet Manhattan. Churchill, contrairement à Roosevelt, s’opposa vigoureusement à la proposition du physicien danois et voulu même le faire emprisonner. Bohr, qui avait déjà rencontré les physiciens Kapitsa et Landau en URSS, ne fut plus autorisé à leur rendre visite………

   4 juillet. Churchill donne son accord pour l’emploi de la bombe atomique (comité politique anglo-américain de Washington).
 7 juillet.  L’empereur Hiro-Hito demande aux Russes de recevoir le prince Konoye à Moscou pour négocier une reddition inconditionnelle.
  10 juillet. Molotov déclare au ministre chinois des Affaires étrangères, T.V. Soong, que l’URSS pourrait déclarer la guerre au Japon à la fin du mois d’août.
  15 juillet. Après la traversée de l’Atlantique Truman débarque à Anvers et arrive à Potsdam.
  16 juillet. Première explosion atomique expérimentale américaine à Alamogordo, au nouveau Mexique (nom de code
:Trinity). Bombe au plutonium munie d’un dispositif d’implosion (projet Manhattan dirigé par le général Groves).
   17 juillet. Ouverture de la Conférence de Potsdam au palais du Kronprinz qui durera jusqu’au 2 août.
   18 juillet. Staline informe Truman que le ministre japonais des Affaires étrangères Togo et l’ambassadeur à Moscou Sato sont prêts à demander l’arrêt des hostilités.
   21 juillet. Truman reçoit un rapport détaillé de Groves sur l’explosion d’Alamogordo. Dès ce moment l’attitude du président américain vis-à-vis des Soviétiques changera totalement…..Le président des Etats-Unis, au cours d’un aparté, annoncera à Staline qu’il détient une arme secrète révolutionnaire. Staline lui souhaita d’en faire un bon usage. Le président durcit sa position et prend des dispositions pour mettre un terme à la conférence dès le 24 juillet.
  24 juillet. Le groupe des 15 B-29 est prêt pour le bombardement atomique après un entraînement intensif et une sélection très sévère. Truman et ses collaborateurs Stimson, Marshall et Arnold fixent le début des opérations au 3 août.
  26 juillet. Démission de Churchill qui est remplacé par Attlee. Déclaration de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis et de la Chine demandant la reddition inconditionnelle du Japon. Menace de destruction totale du Japon. Staline n’est pas consulté parce que l’URSS n’est pas encore en guerre.
  28 juillet. L’amiral Suzuki, lors d’une conférence de presse, déclare que le Japon ne répondra pas à l’ultimatum (qui avait été censuré par des militaires).

Août.  Les évènements du mois d’août démontrent clairement que Hiroshima et Nagasaki n’ont contribué que partiellement à la fin de la guerre (le Japon est à bout de souffle et a déjà entamé des démarches pour capituler) et que Truman, pressé de mettre fin aux hostilités a accepté une capitulation explicitement inconditionnelle avec, cependant, la reconnaissance implicite du maintien de la monarchie impériale. Contrairement à ce qui est dit dans les manuels d’histoire et dans les médias, Hiroshima et Nagasaki n’auraient épargné «que» 25 à 50.000 morts de soldats
américains selon les rapports les plus sérieux de différents conseillers militaires américains. Il faut rappeler que la terrible bataille d’Okinawa, du 1er avril au 26 juin, provoquera la mort de 12.500 soldats américains et 37.000 blessés. Pour conclure, l’holocauste d’Hiroshima et de Nagasaki a été perpétré pour utiliser un engin qui avait coûté les yeux de la tête et pour mettre fin à la guerre très rapidement, afin d’arrêter l’URSS dans son expansion en Extrême Orient. La bombe destinée à dissuader les nazis a finalement été utilisée pour contenir l’avancée du communisme.
Aujourd’hui, soixante ans après, le concept de dissuasion nucléaire reste bien présent. Il est dirigé contre une foule
d’ennemis imaginaires y compris le Tiers Monde et le terrorisme. Il permet le maintien du lobby militaro-industriel qui emploie encore des millions de chercheurs, d’ingénieurs, de techniciens et d’ouvriers aux États-unis, en Russie, en Grande-Bretagne, en France , en Chine, en Israël, en Inde, au Pakistan et en Corée du Nord. C’est une arme diplomatique et de prestige qui exerce un quasi esclavage sur les pays non détenteurs. La dissuasion
nucléaire, qui conduit nécessairement à l’emploi de l’arme atomique, est une véritable escroquerie sociale. «La dissuasion et la course aux armements mènent à des programmes intensifs de recherches scientifiques en vue de fabriquer des armes nouvelles», nous dit Bert Roling et il ajoute:"Les cercles militaires et les cercles de l’industrie des armements s’associent pour former un groupe de pression qui se fait l’avocat de programmes
d’armement toujours plus ambitieux». Il rejoint par ces paroles l’avertissement lancé par Eisenhower sur les dangers du complexe militaro-industriel. Après la Seconde Guerre mondiale, celui-ci avait parfaitement pris conscience du danger de l’arme nucléaire, facteur essentiel de déstabilisation et de menace pour la paix.

 

 Août

 

    2 août. Truman, pressé de rentrer, s’embarque sur l’Augusta à Plymouth. Le 509ème Composite Group est mis en état d’alerte; 3avions sont prévus pour une mission de bombardement avec largage d’appareils et prises de photos.
    5 août. Truman incite Tchang Kaï Chek à faire traîner les négociations préalables à l’entrée en guerre de l’URSS contre le Japon.
    6 août. L’Enola Gay largue la bombe à l’uranium (Little Boy) sur Hiroshima à 8h15. Toute la ville brûle. Il y aura 145.000 morts à la fin de 1945. Hiroshima est devenue un désert avec, au centre, un cercle mortel d’environ 1.000 mètres de diamètre où tout a été carbonisé et calciné et où le taux de mortalité dépassait 90 %.
    7 août. Staline et Antonov signent l’ordre pour l’Armée rouge d’attaquer les forces japonaises en Mandchourie. Truman rentre à la Maison Blanche.
    8 août. Déclaration de guerre de l’URSS au Japon.
    9 août. Explosion de la deuxième bombe atomique, Fat Man, à Nagasaki à 12H02. Bombe au plutonium qui fera 70.000 morts à la fin de 1945. Suzuki déclare qu’il faut accepter l’ultimatum de Potsdam … Hiro-Hito prend la décision de mettre un terme à la guerre. Attaque soviétique en Mandchourie à 00h10 (6h10 du soir le 8 août à Moscou) avec 1,5 millions d’hommes. Dans son discours à la Nation Truman déclare: "La bombe atomique est
trop dangereuse pour être abandonnée à un monde sans lois. Nous devons nous organiser nous-mêmes pour administrer cette nouvelle force». Les propositions de Stimson d’échanger avec d’autres pays des informations sur l’énergie nucléaire, sous contrôle international, sont rejetées.
    10 août. Le Japon demande l’armistice par le voie diplomatique suisse et suédoise. L’empereur accepte la
déclaration de Potsdam avec maintien du régime monarchique.
    11 août. Les États-unis exigent une capitulation explicitement inconditionnelle avec reconnaissance implicite de l’empereur.
    14 août. Bombardement de Honshu par 800 B-29 avant que le message de capitulation ne soit arrivé par la voie diplomatique à la Maison Blanche (Truman, impatient de mettre fin à la guerre,continue à utiliser le bombardement conventionnel). L’URSS signe un traité avec la Chine, reconnaissant l’indépendance de la Mongolie extérieure. Capitulation officielle du Japon.
    15 août. Le Japon accepte les conditions imposées par les alliés. Déclaration radiodiffusée de l’empereur Hiro-Hito.
    16 août. Discours de Winston Churchill aux communes. Selon l’ancien Premier, la bombe a sauvé la vie à un million
d’Américains et à 250.000 Anglais (alors que les Américains ont perdu 300.000 hommes pendant toute la guerre sur les front européen et du Pacifique). Staline demande à Truman de pouvoir occuper le Nord de l’île d’Hokkaido. Refus de Truman le 18 août. Après avoir refusé aux Russes d’occuper la moitié Nord de l’île d’Hokkaido Truman peut annoncer à la presse que le Japon ne serait pas divisé en zones d’occupation.
    19 août. Le général Yamada signe l’acte de reddition en  Mandchourie où la guerre s’est prolongée au-delà du 16 août. L’armée rouge a progressé jusqu’au Sud de la péninsule de Liaotung, le Nord de la Corée, le Sud de l’île de Sakhaline et la plupart des îles Kouriles.
    20 août. Reddition de l’armée japonaise, 500.000 militaires, en Mandchourie. Le comité de la défense nationale de l’URSS prend un décret en vue de réaliser le programme de la bombe atomique. Kurchatov devient le directeur scientifique du projet.
    22 août. Entretiens entre Truman et de Gaulle à Washington jusqu’au 25 août. La France doit s’incliner au sujet du statut de la Ruhr. Transfert du général allemand Gehlen aux États-unis pour collaborer avec les services américains.
    23 août. Les Soviétiques entrent à Port Arthur qui sera cédé à la Chine en 1954 et qui prendra le nom de Liuchouen.
    24 août. Harry Truman met fin au prêt-bail qui a coûté 48,5 milliards de dollars.
    28 août. Les troupes américaines débarquent au Japon sous le commandement du général G. Marshall. Les Soviétiques  débarquent à Sakhaline.
 
Septembre.  Plusieurs physiciens allemands ont été installés dans deux instituts de la côte de la mer Noire pour travailler sur la séparation des isotopes. A la conférence de Londres,  les Américains réalisent que leur monopole nucléaire va durer moins longtemps que prévu.
 
   1er septembre.  Les Soviétiques débarquent dans les îles Kouriles.
   2 septembre. Signature, à bord du cuirassé Missouri, de la capitulation sans conditions du Japon sous la présidence de MacArthur. La Corée est placée sous occupation américaine et soviétique en attendant la formation d’un gouvernement démocratique; la Mongolie extérieure est placée sous contrôle soviétique tandis que la Chine récupère la Mongolie interne, la Mandchourie, Formose et Hainan. Ho Chi Minh proclame l’indépendance de la république démocratique du Vietnam.
   11 septembre. Le secrétaire Stimson propose à Truman un accord bilatéral avec les Russes au sujet de la bombe atomique. Truman avait décidé que le «secret de sa fabrication ne serait
pas divulgué». La politique préconisée par Stimson était le seul espoir pour atténuer ou éliminer la guerre froide. Conseil des ministres des Affaires étrangères à Londres. Fin de la conférence le 2 octobre sans résultats significatifs.
   13 septembre. L’Iran demande le retrait des forces anglaises,américaines et soviétiques.
   20 septembre. Le comité du Congrès indien demande le départ des Britanniques (20-23 septembre).
   21 septembre. Conseil du gouvernement américain orageux au sujet de la divulgation du secret de l’arme nucléaire entre Stimson et Truman. Stimson avait déjà démissionné et Patterson le remplaçait.
 
Octobre. En octobre, novembre et décembre plusieurs nterventions et décisions concernant le nucléaire sont prises.
Nous en énumérons quelques unes.
 
   18 octobre. Le général de Gaulle crée le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) dont les objectifs sont scientifiques, industriels et militaires. Joliot est nommé haut commissaire et Dautry administrateur général du CEA.
  27 octobre. Discours de Truman à New York sur la politique étrangère des Etats-Unis.
 
Novembre. Rapport Franck sur l’énergie atomique, avis contradictoires au sujet du secret des recherches nucléaires.
 
   6 novembre. Molotov déclare à la radio que le secret atomique est incompatible avec la coopération internationale
telle qu’elle a été définie à Yalta.
   11 novembre. Conversation du 11 au 15 novembre entre Truman, Attlee et le Premier Canadien Mackenzie King à
Washington sur le contrôle de l’énergie atomique. Refus departager le «secret» atomique.
   19 novembre. Le conseil d’administration du FNRS (Fonds National de la recherche scientifique - Belgique) crée une commission ad hoc «pour l’étude des problèmes en rapport avec l’énergie nucléaire».

 

Décembre.  Paul Libois, sénateur communiste belge, dépose une proposition de loi tendant à la nationalisation des gisements d’uranium du Congo. Cette intervention est liée à la livraison de 30.000 tonnes de minerai d’uranium, dont 4.000 tonnes d’oxyde d’uranium, au gouvernement américain, par Edgar Sengier, patron de l’Union Minière du Haut Katanga. Ces livraisons ont été faites pendant les années 1943-44. Afin de légaliser ces opérations le gouvernement Pierlot signe un accord le 11 octobre 1944 avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, accord qui sera antidaté au 26 août et qui comprend 10 articles stipulant notamment la livraison aux Etats-Unis de 1.560 tonnes d’oxyde d’uranium au prix de 1,45 dollars la livre. De 1945 à 1960 plus de 40.000 tonnes d’oxyde d’uranium ont été livrées en grande partie aux Etats-Unis et en plus petite quantité à la Grande-Bretagne.
 
15 décembre. Les ministres des Affaires étrangères de Grande-Bretagne, des Etats-Unis et de l’URSS, en réunion à
Moscou, lancent un appel pour constituer un gouvernement démocratique provisoire en Corée.
 
En conclusion l’on retiendra que l’article VI de l’accord du 26 août accordait aux Etats-Unis et à la Grande-Bretagne un droit de préemption pour tout le minerai d’uranium et de thorium existant au Congo belge. Le 8 novembre 1945 une proposition de commission pour l’étude des problèmes en rapport avec l’énergie nucléaire est déposée au Conseil d’administration du FNRS. Cette proposition sera acceptée le 19 novembre 1945; la Commission comprendra 9 membres présidés par le professeur Van den Dungen. La Belgique aura toutes les peines du monde à obtenir
de la part des Etats-Unis du minerai d’uranium pour lancer sarecherche en matière nucléaire ainsi que pour obtenir un minimum de collaboration pour l’exploitation pacifique de l’énergie atomique. Néanmoins le FNRS créera en avril 1947 l’Institut inter-universitaire de physique nucléaire. La mine de Shinkolobwe fermera en 1960. L’Union Minière du Haut Katanga  aura fourni,sans autorisation gouvernementale,  75 % de l’uranium de la bombe d’Hiroshima qui, répétons-le, ne mettra pas fin à la guerre mais sera un puissant catalyseur de la guerre froide, émaillée de plus de 2.000 essais nucléaires.
 
Fin.
 
Pierre Piérart
 
Source: Pierre Piérart, Wies Jespers: D’Hiroshima à Sarajevo –
Ed. EPO.