De: pierre.pierart@umh.ac.be
Envoyé: mardi 17 juin 2003 16:50
À: Abolition 2000
Objet: Coût énergétique production uranium

COÛT ÉNERGÉTIQUE DE LA PRODUCTION D’URANIUM FISSILE

Selon une étude publiée dans la Newsletter N° 40 de février 2003
de INES (International Network of Engineers and Scientists for
Global Responsibility) par le professeur émérite Philippe Smith de
l’université de Groeningen, l’utilisation d’énergie mécanique et
thermique pour la préparation du combustible nucléaire (Uranium
enrichi en isotope 235 à plus ou moins 3,5% et utilisé dans la
plupart des centrales) ainsi que secondairement les travaux de
construction et de démantèlement correspondent à une émission
de C02 égale à environ 33% de celle d’une centrale thermique
performante fonctionnant au gaz. Pour réaliser différentes
simulations le professeur Smith a choisi pour les minerais exploités
plusieurs types de roches (meubles et dures) à teneurs variables
en oxydes d’uranium. Il a également retenu le type de centrale le
plus répandu, fonctionnant à l’eau pressurisée et pendant une
période de 24 ans.

Cette estimation, de prime abord, paraît élevée, encore faut-il que
le minerai de départ contienne au moins 0,1 % d’oxydes
d’uranium, sinon pour 0,01% la consommation énergétique
entraînerait une émission de CO2 supérieure à celle d’une
centrale thermique.

Cette consommation énergétique très élevée dans la production
d’uranium pur s’explique par les nombreuses phases de traitement
du minerai
: broyage, pulvérisation, séparation, enrichissement,
lessivage, filtration et extraction des oxydes d’uranium à partir des
nitrates nécessitant des températures de plus de 430°.

La conclusion est évidente. L’énergie nucléaire produira de plus
en plus de C02 au fur et à mesure de la disparition, qui ne saurait
tarder, des gisements à plus de 0,1% d’oxydes d’uranium.

 

Pierre Piérart
Secrétaire du Centre d’Écologie
Appliquée du Hainaut