La guerre conduite par les Etats-Unis contre l’Irak a été lancée en dépit de l’écrasante opposition du monde entier et d’une claire détermination au sein des Nations Unies de continuer et d’intensifier le processus de désarmement de l’Irak, fondé sur des inspections

L’IPPNW et ses 58 organisations affiliées condamnent cette guerre parce qu’elle viole la loi interna-tionale et la Charte des Nations Unies. Cet assaut préemptif injustifié est aussi un attaque contre le système de l’ONU sur lequel le monde s’appuie pour trouver des solutions pacifiques et justes aux conflits régionaux ou globaux.

Maintenant que la guerre a commencé, ceux qui l’ont déclanchée - en particulier les Etats-Unis doivent obéir aux Convention de Genève et respecter la loi humanitaire internationale, et faire tous les efforts pour que les civils, l’environnement et les infrastructures civiles soient épargnés au maximum. L’armée et le gouvernement irakiens ont, tout en défendant l’Irak de l’invasion, un même devoir de respecter les normes de la loi internationale.

Tout emploi d’armes de destruction massive ou d’autres armes non discriminantes doit être évité. Ceci s’applique spécialement aux armes nucléaires, de quelle que taille ou capacité explosive que ce soit. De telles armes ne doivent jamais être utilisées, quelles que soient les objectifs qu’on veut atteindre. L’IPPNW condamne aussi tout emploi d’armes chimiques ou biologiques (y compris les agents inca-pacitants et les produits chimiques anti-émeutes, qui ont été bannis par la loi internationale), des armes contenant de l’uranium appauvri, des bombes à fragmentation, des mines anti-personnel,et des obus d’artillerie conventionnels de forte puissance dans les zones proches des populations civiles. Toutes ces armes ont contribué ou contribueraient à causer un grand nombre de victimes civiles, à la fois pendant les combats et après leur fin, et nous demandons instamment à toutes les parties en présence de ne pas les employer. 

Notre préoccupation fondamentale a toujours été et continue à être la santé et la sécurité du peuple d’Irak, qui ne mérite ni le régime brutal de Saddam Hussein, ni la force militaire massive déployée contre leur pays sans justification valable par l’administration Bush et ses alliés. Les Etats-Unis ne peuvent désormais se soustraire à leur responsabilité d’aider les populations irakien à rebâtir une société qui servira leurs intérêts, que ceux-ci coïncident ou non avec les ambitions du gouvernement Bush pour la région.

Nous demandons avec insistance aux USA - même à cette heure tardive - de mettre un terme à cette guerre et de rendre la responsabilité du désarmement de l’Irak à l’ONU, dont c’est la tâche légitime. Une fois cette guerre terminée, le monde devra se préoccuper à réparer les dommages qui ont été causés, non seulement à l’Irak, mais aussi au système des Nations Unies.

Aucun pays – fut-ce une superpuissance accompagnée de quelque partenaires réticents – n’a le droit moral ou légal de décider ce qui est le mieux pour le monde entier et d’utiliser une force militaire invincible pour imposer leur propre vision de l’ordre du monde. La  reconstruction et le renforcement de la structure collective pour la paix, la justice et la sécurité, au sein de laquelle toutes les voix pourront se faire entendre et tous les intérêts pourront être pris en compte est la seule issue acceptable de ce conflit.

20 mars 2003