Pour avoir enfreint l'article 406 du code pénal, 11 jeunes inculpés,
filles et garçons pour la plupart étudiants et étudiantes,
comparaissaient, ce lundi 10 février, devant la chambre
correctionnelle de Termonde. Ils sont accusés d'avoir entravé le
passage d'un train amenant du matériel militaire américain en
provenance d'Allemagne et à destination du port d'Anvers.
L'opération était dirigée par l'association Forum voor Vredesactie
de Berchem.

L'article 406 prévoit, entre autres , la réclusion pour ceux qui
auront méchamment entravé la circulation ferroviaire par toute
action portant atteinte aux voies de communication. Il est
également fait allusion à toute action qui rendrait dangereuse la
circulation. Les peines vont d'un emprisonnement de huit jours à
trois mois et d'une amende de vingt-six francs à mille francs.

Quelle sera la sentence de la chambre correctionnelle de
Termonde qui sera prononcée le 28 avril?

Les inculpés ont agi en connaissance de cause et donc
courageusement mais aussi en étant parfaitement informés du
droit international et plus spécialement des prescriptions du
tribunal de Nuremberg. Ces pacifistes convaincus ne sont pas
passés à l'acte méchamment mais simplement pour faire
respecter le charte des Nations Unies qui interdit non seulement
les guerres préventives mais toutes les agressions à l'exception de
celles qui seraient autorisées par la légitime défense ainsi que par
le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

L'on ne peut s'empêcher de rappeler les actes de sabotage
pendant la dernière guerre mondiale où l'arrêt de trains de
déportés a permis de sauver des résistants condamnés à une mort
atroce dans les camps de concentration et d'extermination. Ici des
jeunes conscients de leur citoyenneté se sont opposés
courageusement au processus d'une guerre préventive,
provoquée, préméditée, illégitime et déjà engagée qui tue et va
tuer des dizaines de milliers d'innocents voués à une mort atroce
causée par les bombardements, les maladies, la famine, le manque
de soin, les enterrements aveugles de corps morts ou vivants et
ensuite par des contaminations chimiques et radiologiques dues à
l'emploi d'armes prohibées.


Pierre Piérart
Le 11.03.03