La Turquie refuse ( pour combien de temps?) l'accès de son
territoire aux troupes américaines prévues pour envahir le Nord
de l'Iraq.

En attendant les soldats belges vont relever les Américains en
Afghanistan et le gouvernement arc-en-ciel de Belgique prend des
dispositions pour étouffer dans l'ouf toute velléité des pacifistes
qui voudraient s'opposer aux préparatifs de guerre.

Ce samedi 1er mars, le ministre de l'intérieur avait bien préparé un
guet-apens pour appréhender au village de Melsele (près de
Zwijndrecht sur la rive gauche du port d'Anvers ) les 200
pacifistes qui se préparaient à occuper les voies ferrées par où
doivent passer les trains chargés de matériel militaire pour la
guerre préventive en Iraq.

Notre groupe est arrivé vers 15 heures au local paroissial de
Melsele où devait se tenir une réunion sous l'égide de Forum voor
Vredesactie et de Oxfam. A ce moment nous constatons que les
locaux sont occupés par une vingtaine de policiers fédéraux. Ces
derniers occupent principalement la cour intérieure où ils
menottent quelques jeunes tandis que la majorité reste confinée et
entassée à l'intérieur des bâtiments. Petit à petit et gentiment les
policiers obligent les jeunes gens à sortir et procèdent à leur
arrestation administrative ( de 12 heures selon nos informations ).
Plusieurs fonctionnaires en civil filment longuement les personnes
présentes et invitent les plus âgés à vider les lieux. Environ 150
personnes seront arrêtées dans le local paroissial.

Toute cette mascarade de la police du ministre de l'Intérieur, s'est
faite avec un certain sourire, un peu celui que Monsieur Duquesne
arbore quand il explique l'expulsion des étrangers ou qu'il pourrait
peut-être rectifier sa circulaire illégale autorisant la police à
procéder à des enquêtes sur la vie privée des enseignants soumis
à un certificat spécial de bonne vie et mours pour pouvoir
continuer à exercer leur profession.

En bref la grande récréation du 15 février où présidents et
secrétaires fédéraux de partis, au coude à coude, manifestaient
contre la guerre est bel et bien terminée. Il faut rentrer dans le
rang. A Melsele, hélicoptères, camions, voitures, pompes à eau et
policiers harnachés en tenue de combat occupaient le village en
état de siége.

Le gouvernement prépare manifestement un régime d'état de
guerre sur tout le territoire qui ne pourra que s'intensifier quand la
machine militaire va déferler sur le peuple irakien. Louis Michel et
Guy Verhoofdstadt lâchent la bride au tandem Flahaut et
Duquesne pour mater les récalcitrants et la jeunesse imprégnée
de plus en plus d'une conscience opérante.

Après ce «muselage» de la liberté d'expression l'on peut se
demander ce que nous réservent les prochains jours? La
complicité du gouvernement belge devient de plus en plus
évidente. Comme Colin Powell ( dénoncé par le professeur Pierre
Michel dans une carte blanche du Soir, le 28 février) les Verts,
Socialistes et Libéraux changent de ton, de colombes ils se
transforment en faucons. L'électorat pacifiste en tiendra compte.

Un telle guerre aura des conséquences considérables pour la
société civile. Les budgets militaires des pays complices, comme
la Belgique, vont sérieusement augmenter par la force des choses.
Avec comme conséquence une accélération de la dualisation de la
société (logement, sécurité sociale, enseignement etc.) Le
monde du travail doit en prendre conscience et se mobiliser afin
d'organiser dans tous les secteurs la résistance contre la guerre.
Les jeunes aussi se mobilisent et ne lâchent pas le morceau.

Pierre Piérart
Pour le Comité Surveillance OTAN (CSO).